Revue de presse

Jazz à Carthage : un métissage fédérateur

02.03.2010 | source : La presse

Le rendez-vous est désormais inscrit aux calendriers des jazzmen d’ici et d’ailleurs.
Le Printemps du jazz en est à sa sixième édition, et la colline de Gammarth vibrera des rythmes du monde du 5 au 18 avril prochain.

Car le jazz de Carthage, celui que l’on nous propose et pour lequel la Tunisie, aux confins des cultures, se fait le campement idéal est un jazz qui se refuse à tout cloisonnement, musique qui puise son identité dans le métissage. Matinée de flamenco, inspiré de rock ou de folk, influencé d’électro, nostalgique de blues, il croise les cultures et les civilisations, et s’épanouit à son aise sur cette colline ouverte aux vents du large.

Pour cet événement conçu, produit et réalisé par Scoop Organisation à qui l’on doit 25 ans de bonne musique et de technique maîtrisée sur toutes les scènes des festivals de Tunisie, et sponsorisé par Tunisiana, on a invité quinze formations venues de huit pays différents dans un patchwork généraliste et fédérateur : les USA, le Portugal, Cuba, les Pays-Bas, la Tunisie, bien sûr, la Belgique, l’Espagne et le Brésil viendront parler un seul langage, tendances et générations confondues.

A tout seigneur tout honneur, la Tunisie, hôte des lieux, présente deux concerts: Amin et Hamza sur le thème de «Quand les cordes s’accordent», et Dhafer Youssef qui revient désormais régulièrement de ses pays du froid.
Autres grands rendez-vous : Axelle Red dans un trio acoustique de la soul et du cœur Buika, la gitane guinéenne à la voix de braise dont Pedro Almodovar a fait son égérie, et Vaya Con Dios qui fait un tabac à chacun de ses passages en Tunisie.
Curieusement cette année, quelques «fils de» particulièrement doués : Kayle Eastwood, le fils du Clint Eastwood, et John Lee Hooker Junior, fils du célèbre jazzmen du même nom, qui a reçu le blues en héritage.
Et puis, pour ceux qui aiment la musique du cœur, le crooner de charme, Peter Cincotti…

Les concerts se dérouleront comme à l’accoutumée au Barcelo des côtes de Carthage, cependant que le jazz-Club, quant à lui, émigre vers le Virgile, campement dressé sur la colline du Golden Tulip, et spécialement aménagé pour la circonstance. On pourra y écouter John Lee Hooker Jr et Sherman Robertson, ainsi que l’indéfectible Papa Joe.

Et que la fête commence.

Alya HAMZA